Mathilda May, Marraine des programmes de psychiatrie de l'Enfant

 

Mettre un enfant au monde est à la fois l'acte le plus banal et le plus extraordinaire qui soit. Quels que soient le lieu, la culture, ou la famille, une naissance est toujours un évènement chargé de sens.
Mais d'emblée, un petit être sans défense est confronté à la plus grande des injustices, celle de la condition sociale de ses parents.

En effet, nos sociétés occidentales pleines de promesses mettent en exergue les multiples possibilités d'avenir qui s'offrent à nos enfants. Le futur devient alors aussi ouvert que l'imagination le permet.
Cependant, la plupart des enfants du monde n'ont pas d'autre choix que de faire face à leur propre survie au quotidien, sans aide ni ressources.

Y a-t-il pire violence que d'être témoin de la douleur de son propre enfant sans pouvoir y remédier? De ne pouvoir lui venir en aide faute de médicaments, de ne pas pouvoir l'hospitaliser? Combien de parents assistent, impuissants, à la souffrance de ceux qu'ils ont mis au monde?

Les enfants doivent-ils payer les conséquences d'une réalité économique qui met en péril les plus vulnérables?
Un monde dans lequel les petits enfants peuvent être, suivant leurs lieux de naissance, des proies, des objets, ou des victimes est un monde absurde.

Mais l'espoir demeure, tant qu'il y aura des hommes et des femmes qui s'unissent pour agir.
La solidarité est ce qu'il nous reste de plus humain. C'est ce qui nous lie les uns aux autres. Etre solidaire c'est être en empathie avec l'autre. C'est aussi entendre ses propres émotions, écouter sa conscience et transformer ses réflexions en actes concrets et cohérents.

Aucun de nous ne peut se dire insensible à la souffrance des tous petits. Chacun peut donc, à sa manière, avec de grands moyens ou de petits gestes décider de vivre dans un monde plus équitable.
Aider la Fondation Prim'Enfance et par là même la petite enfance, c'est donner une priorité à la vie elle-même. Il n'y a pas de valeur plus essentielle que celle de considérer les droits fondamentaux d'un enfant. Car à travers lui, c'est à l'humanité toute entière que nous redonnons sa juste place.

Et un jour peut-être, nous serons fiers de nous, car nous serons dignes de nos enfants.

Mathilda May